L’aberration chiffrée

Depuis toujours, je suis contre le fait que l’on “classe” les apprenant en fonction d’une moyenne chiffrée. Qu’un rang leur soit attribué uniquement à cause d’une moyenne générale.

Pourquoi ?

Il me semble qu’il n’est pas possible d’évaluer à sa « juste valeur » un individu en se basant sur des tests à un moment « M » dans son apprentissage.

Situation 1 : un stress est engendré qui peut altérer les capacités de l’individu, et donc, fausser son évaluation.

Situation 2 : de même qu’un apprenant n’ayant rien fait pendant de longs mois, peut très bien se mettre à apprendre « bêtement » une montagne de théories 3 semaines avant un examen, et être évalué favorablement le jour « J ».

Alors, quelle vérité y a-t-il dans ce genre d’évaluation ou la quête de la note la plus haute est l’unique objectif ?

Nos fausses routes

Nous nous trompons et nous mentons aux apprenants : notre objectif en tant qu’enseignant formateur est de transmettre des savoirs faire et des savoirs êtres, mais il nous incombe également de former les futurs citoyens qui formeront notre société de demain. Quid alors de la liberté de penser ? De la libre expression ? De la faculté à avoir son propre avis ? Sa propre opinion et de pouvoir l’exprimer correctement ? Quid de l’adaptabilité de l’individu ? Qu’en est-il du libre arbitre ?

Face à nous, l’objectif des apprenants est de ressortir de leur formation avec des bagages théoriques, organisationnels et humains. Ce n’est pas tout que de savoir des choses, encore faut-il comprendre leur utilisation dans la société et la vie professionnelle, et de pouvoir les adapter aux situations qu’ils vivront en autonomie par la suite.

Alors quelle évaluation possible ?

L’évaluation doit être non seulement continue(*) mais en plus, celle-ci doit être appréhendée différemment de ce que l’on a l’habitude de faire : sans les notes, mais plutôt en prenant le temps d’évaluer les connaissances acquises, partiellement acquises, et non acquises.

En déterminant, pour chaque apprenant, ses acquis et ses non-acquis, le rôle de l’enseignant formateur devient un rôle d’accompagnement vers le meilleur ! Et prend donc toute sa symbolique et l’importance que revêt la profession d’enseignant formateur.

En effet, une fois les points forts et les points faibles déterminés, l’enseignant formateur va pouvoir créer des exercices pratiques ciblés pour chaque apprenant afin que celui-ci travaille ses lacunes ; en parallèle, les apprenants ayant des forces dans les lacunes des autres, ceux-ci peuvent devenir à leur tour les « formateurs » de leurs pairs : le cercle est alors bouclé, car c’est en transmettant que l’on apprend véritablement, chacun fait son job et devient l’accompagnant de l’autre.

Chacun transmet.

Chacun apprend à son rythme et avec enthousiasme, sans pression.

Partageons nos idées et échangeons sur le sujet

C’est cet enseignement que j’exerce et pour lequel j’ai des convictions fortes. Si vous aussi, vous êtes dans cette dynamique, écrivez moi à l’adresse suivante (attention aux espaces volontaires) : stephanie . benlemselmi @ gmail . com

(*) attention, je ne parle pas de contrôle continue tel qu’on le connait sous sa forme de CCF.